Olivier Liébaut réalise des collages depuis plus de vingt ans. Il utilise différentes techniques, souvent un mélange de peinture et de collages de papiers, de photos ou d’objets divers. Les supports sont des toiles ou du bois, du carton, du verre, du plexiglass ou de l'Isorel. Selon les thèmes ou l’inspiration, les tableaux sont nus ou habillés de cadres chinés dans des brocantes.

Tantôt noircis, zébrés, tantôt lumineux et colorés, d’apparence souvent chaotique, les tableaux d’Olivier Liébaut, sous l’entrelacs des bouts de journaux ou de magazines, de cordages ou de filets de pêche, cachent presque toujours un personnage central, un visage, à minima un œil, qui nous observe et s’étonne de l’épaisseur du monde.

Ce travail est plus sensible qu’intellectuel. La priorité est donnée à la construction, à l’esthétique et aux couleurs. Etrangement pour des œuvres qui sont apparemment chargées de symboles la symbolique n’est pas une préoccupation de l’artiste. Ce sont toujours les autres qui voient les signes cabalistiques derrière les trous noirs, les corbeaux perchés ou les demoiselles alanguies. Les mondes étranges, superposés ou parallèles qui sont mis en scène sont peut être les signes de quelque chose de profond et de grave. Peut-être l’artiste se soigne-t-il à moindre frais ? il vit en tous cas une grande passion et souhaite finalement reproduire sur les autres ce qui lui arrive quand, visiteur lui-même, il traverse une exposition comme une flèche parce qu’il a aperçu sur une toile au fond de la pièce une trace noire qui ressemble à une silhouette.